Je me doute que 98% des personnes qui lisent ce blog n’ont pas besoin de cette précision, mais j’eusse aimé que nous arrêtassions de dire « crypté ». Ce n’est pas français ! On se doit d’utiliser le terme exact qui est « chiffré » C’était le « JE M’ENERVE PAS J’EXPLIQUE, BORDEL » de la semaine. Merci de votre attention.

Je sais… je triche sur les temps, mais que voulez-vous… je kiffe le subjonctif de l’imparfait (Je milite également pour l’intégration du verbe kiffer dans le dictionnaire français).

Meet the pyro

Il y a des jours comme aujourd’hui où une sonate pour piano ne le fait pas tout à fait. Des jours où Thomas de Quincey ne parvient pas à captiver… Ces jours sont les jours « Team Fortress 2 » : un peu de brutalité dans un monde de finesse. Déclarer son amour du genre humain à coups de lance-flammes ou de hache. C’est d’autant plus amusant que j’utilise le mac pour passer quelques morceaux de musique choisis. Ce soir c’était la bande originale de Dr Horrible fraîchement achetée sur iTunes.

Je vous laisse, je retourne prêcher l’amour et la paix — et améliorer mon score. Cry some more

nb: De l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts est le titre d’un ouvrage de Thomas de Quincey dont j’avais déjà parlé.

Il se passe des choses fantastiques dans mon immeuble. Aujourd’hui, j’ai été réveillé par le bruit de ma sonnette à 9h06. Ayant l’habitude des gens confondants sonnerie et lumière de l’escalier — après tout, il est aisé de confondre deux interrupteurs que rien ne distingue si ce n’est qu’un est au milieu du mur et l’autre dans un renfoncement avec un nom dessus — je décide de rester couché… Quelques instants plus tards, nouvelle sonnerie. Je me lève, me rends présentable et regarde par le judas. Je dois dire que depuis sept ans que j’habite dans cet immeuble, j’ai vu pas mal d’ahuris se présenter chez moi, mais c’était la première fois qu’une personne le faisait en caleçon, torse et pieds nus.

J’entrouvre la porte m’attendant à parler à mon nouveau voisin qui se serait retrouvé enfermé comme un débutant hors de son appartement. 

« — Bonjour ». Il semble étonné de me voir ouvrir la porte. Une forte odeur d’alcool émane de cette personne. Il recule un peu, me regarde, presque ahuri, ouvre la bouche.

« — Heu, bonjour, je crois que je me suis trompé d’appartement ». Il se passe la main sur le visage dans un effort — vain — pour se réveiller un peu. L’effort de concentration est réel et il produit un effet assez comique. J’attends que son cerveau formule une phrase et que sa bouche parvienne à l’articuler.

« — Je crois aussi, mais qui cherchez-vous ? ». Cette question nécessite un effort surhumain de la part de mon drôle et alcoolisé interlocuteur.

« — Heuu, je ne sais pas vraiment… Désolé, au revoir… ». Il entreprend de monter au 2ème étage. Enfin… monter est un bien grand mot. Tituber serait plus juste.

« — Bonne chance ». Je ferme la porte et tends l’oreille quelques instants. Il est au 2ème et frappe à la porte de ma voisine. Je rigole et retourne me coucher ; il y a 6 étages. 

J’ai enfin terminé d’importer les 100 cédéroms qui composent le coffret « la discothèque idéale Classique » d’Erato Disques et de Warner Classique dans ma bibliothèque — oui, j’ai un iMac, un iPhone et j’utilise iTunes, mais passons. Ce ne fût pas une mince affaire, mais après quelques soirées passées à réaliser l’import lui-même et autant passées à nettoyer les informations — histoire de supprimer les graphies divergentes des noms des compositeurs : Beethoven ; Van Beethoven ; Ludwing von Beethoven ; et cetera, et cetera. Même si le titre de discothèque idéale est quelque peu exagéré, j’avoue que la qualité du catalogue Erato est fidèle à sa réputation et beaucoup de pièces sont jouées de main de maître. Néanmoins, il y a de cruels absents comme le miroir Alborarada del Gracioso de Ravel. Mais ne soyons pas mauvais publique : 100 cédéroms c’est beaucoup, mais c’est également très peu lorsque l’on souhaite donner un aperçu de compositeurs très prolifiques comme Bach, Mozart ou encore Vivaldi — il faut donc faire des choix. C’est d’autant plus pardonnable que certains compositeurs peu connus comme Mendelssohn ou Dukas bénéficient d’excellentes partitions. Satie ou Saint-Saëns ne sont pas oubliés pour autant.

Un des cédéroms consacrés à Tchaïkovsky m’a impressionné par son interprétation irréprochable — pour le simple amateur que je suis — de son concerto pour violon. C’est un extrait du premier mouvement (issue du cédérom) que je souhaite partager avec vous.

Très jolie vidéo et une occasion de découvrir le groupe The Management (MGMT). Pour ceux qui se poseraient la question, le titre joué dans cette vidéo est Kids.

Fireplays by Jon Thomas

Fireplays by Jon Thomas

Ce samedi, j’ai eu la chance d’assister à un concert à l’église de la Madeleine. Je dois avouer que j’avais acheté mon billet avec une légère appréhension car la pièce principale de ce concert est les quatre saisons de Vivaldi qui est l’œuvre classique que j”ai la plus écoutée depuis mon enfance.

En introduction, l’orchestre de chambre Français a joué quelques Ave Maria (Caccini, Schubert, Gounod), l’Adagio d’Albinoni, le Canon de Pachelbel et l’Aria de Bach. La cantatrice, a magnifiquement chanté les Ave Maria et son interprétation de la version de Schubert était très juste : une musique et une voix qui vous font fermer les yeux et stoppent le temps. 

La pièce principale — et la plus attendue — était les quatre saisons. Mes quelques craintes ont été balayées par la qualité presque irréprochable des deux solistes : le premier violon étant magnifiquement accompagné par la première violoncelliste. L’orchestre a d’ailleurs été salué par presque 10 minutes d’applaudissement et une « standing ovation » méritée.

Pour ceux qui voudraient assister à ce concert, il repasse les 26 août ainsi que le 9 septembre à 20h30 — 30€ n’est pas cher donné pour 1h45 de concert dans le magnifique cadre de l’église de la Madeleine.

Il y a deux choses, parmi beaucoup d’autres, que Monsieur P. fait très bien. La première est d’arriver en retard — et il s’y applique avec une exactitude presque Britannique ; quinze minutes, pas une de plus ni une de moins. La deuxième est de ne pas être content : le Chianti est bizarre, mon blog est trop culturel et il manque d’humour, surtout ! Monsieur P. n’aime pas les gens, mais cela je l’avais déjà dit. Mais heureusement, Monsieur P. est de bonne compagnie. Malheureusement, depuis que j’ai un vrai travail — comprenez depuis que je ne suis plus consultant. — nos travaux de refonte du monde s’étaient espacés. La semaine  dernière, nous nous sommes donc retrouvés pour un restaurant à deux pas du Jardin du Luxembourg et refaire le monde. Quelques nouvelles rapides des anciens collègues, de notre ancienne société et nous voilà à refaire le monde et notre civilisation aidés d’une bouteille de Chianti. C’est toujours un plaisir — rare — que de parler avec une personne cultivée.

Horowitz joue Schumann lors de son dernier concert à Hambourg.

Je suis un amateur — au sens premier du terme — de la période romantique, je ne pense pas que cela soit un secret pour quelqu’un. Après avoir lu quelques ouvrages de références, du mouvement littéraire romantique, j’ai souhaité m’attarder sur le romantisme dans son expression musicale. J’ai donc mis de côté — pour un temps seulement — Goethe, Baudelaire, Nerval, De Quincey, Blake et tous les auteurs qui me sont chers et approché Beethoven, Liszt, Brahms, Rachmaninov…

J’apprécie souvent de commencer par les œuvres les plus connues puis au gré des références successives, approcher quelques auteurs ou composition moins populaires. J’ai donc mis la main sur un fantastique coffret de CD — cent pour être précis — du fond Erato et qui comporte quelques bijoux d’interprétation de la musique classique. C’est le cas des différentes symphonies de Beethoven et notamment la 7° — œuvre sans nom — que ce dernier souhaitait dédicacer à Napoléon pour son support à la Révolution Française. Beethoven reviendra sur ce choix lorsque Napoléon se fit couronner empereur. 

Tout le monde connaît la « cinquième de Beethov’ » — ou tout du moins devrait… Néanmoins, la 7°, qui comporte 4 mouvements, est principalement connue pour son deuxième mouvement (Allegreto) qui a été repris dans quelques publicités et films bien que personne ne sache qu’il s’agit d’une composition de ce dernier. Mais la 7° n’est pas qu’une musique où piochent les vendeurs de temps de cerveaux… Son premier mouvement est absolument unique et la joie qui se dégage de ce dernier est assez unique (à partir de 04:09 sur cet extrait) — il me semble — dans l’œuvre de Beethoven.

Hier soir c’était Opéra sur France 2. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’était bien France 2 et non Arte (excellente chaîne) qui nous proposait d’assister en directe au Faust de Charles Gounod depuis les Chorégies d’Orange et dans le magnifique. Pour une fois que France 2 passait autre chose qu’une série étasunienne pourrie et bassement populiste, mais remplissant à merveille sa fonction de mobilisation de temps de cerveau, c’est peu de le dire, je n’allais pas louper ça !

Petite déception tout d’abord, les « reportages » destinés à meubler le temps avant le début des premiers actes sont plutôt médiocres et remplis d’erreurs grossières qu’il aurait été aisé d’éviter. Il est fort dommage que l’histoire de Goethe n’ai pas été plus expliquée car l’Opéra, même si il raconte l’histoire dans sa grande majorité, ne retranscrit pas les dialogues de Goethe qui font tout la force de cette œuvre qui fut traduite en français par Gérard de Nerval.

Replacer ce texte dans son contexte historique, expliquer influence française ou disserter quelques minutes sur Goethe auraient également été plus que bienvenus. Mais n’allons pas nous montrer  trop critique car le mérite de passer un Opéra à heure de grande écoute est plus que courageux — même si une œuvre plus « facile » d’accès comme le mariage de Figaro ou la flûte enchantée constituent une introduction bien plus facile à l’Opéra.

Je n’ai pas grand-chose à dire sur l’Opéra lui-même sinon qu’il est d’une qualité rare pour une représentation en plein air. René Pape incarne un remarquable Méphistophélès fidèle à l’image que je m’étais forgé à la lecture de l’œuvre et si l’enfer ressemble à celui dépeint par Nicolas Joel, cela donnerait presque l’envie de devenir croyant…  L’orchestre de Radio France réussit le tour de force de nous donner une excellente musique et ce malgré la difficulté qu’il existe à jouer en plein air. Son chef d’orchestre, Michel Plasson — homme d’une culture certaine — a parlé merveilleusement de la musique, de la culture et de l’abandon de ces deux dernières par les dirigeants.